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Fédération Wallonie-Bruxelles

Refinancement des « Espaces parents dans la séparation » et solutions à la situation inacceptable des enfants « parqués » en hôpitaux

La Ministre de l’Enfance, Alda Greoli, était ce vendredi à Charleroi dans le cadre des mesures prises pour mettre fin à l’hospitalisation prolongée d’enfants, faute de places dans des structures adaptées. Elle y était accompagnée de la députée Véronique Salvi, auteure d'une résolution relative aux bébés dits « parqués » à l'hôpital, adoptée par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Cette visite fut l’occasion d’annoncer le  refinancement de cinq « Espaces parents dans la séparation », un maillon important du dispositif de prévention. 

La rencontre  avait débuté par la visite du service de pédiatrie et de la crèche du Grand Hôpital de Charleroi (GHDC). Selon le rapport fourni en juillet dernier à la Ministre de l’Enfance par la CODE, la Coordination des ONG pour les droits de l’enfant, le GHDC a accueilli jusque 33 enfants en hospitalisation prolongée en 2015, pour 20 en 2014 et 9 en 2016. La durée « d’hospitalisation » moyenne oscille quant à elle entre 35 et 42 jours. L’hospitalisation de ces enfants faisait soit l’objet d’une décision du tribunal de la jeunesse, soit d’une demande du GHDC.

En s’appuyant sur les conclusions du rapport de la CODE, le Gouvernement de la Communauté française a décidé de répondre à la problématique des enfants dits « parqués » en hôpitaux, en dégageant des moyens pour créer des places supplémentaires d’accueil et renforcer les espaces de prévention dès l’année 2017.

Concrètement, les Services d'Accueil Spécialisés de la Petite Enfance (SASPE) seront désormais financés à 100% de leurs besoins, ce qui devrait permettre l’engagement de deux personnes supplémentaires par SASPE, en moyenne. Cette capacité de travail renforcée entraînera à la fois une meilleure qualité de l’encadrement des enfants et de leur famille mais aussi la garantie que les enfants « dits parqués à l’hôpital » pourront trouver rapidement une place d’accueil (budget : 1,5 million annuel).

Pas moins de 28 nouvelles places supplémentaires dans les SASPE de Bruxelles, du Hainaut et de Namur permettront de prendre en charge une partie de la cinquantaine d’enfants dits « parqués » en hôpital – les autres situations  étant prises en charge par des mesures également décidée lors de ce conclave sur proposition du ministre de l’Aide à la Jeunesse (budget : 1 million annuel), dans le cadre de dispositifs adaptés aux situations diverses.

Outre les SASPE, la prévention et les capacités d’accueil ont également été renforcées avec :

-      le financement de 30 lieux de rencontre parents-enfants supplémentaires, afin d’y reconstruire des relations familiales de qualité (budget annuel : 210.000 euros).  

-      le soutien à un projet pilote d’une équipe Psycho-Médico-Sociale d’observation de longue durée, avant que la famille ne soit réellement en difficulté (budget : 150.000 euros).

-      la création de 20 places supplémentaires dans des crèches situées dans un environnement proche d’un hôpital. Ces places sont destinées à des enfants pris en charge en hôpital, y compris pour des raisons non-médicales (budget : 65.000 euros).

Refinancement des « Espaces parents dans la séparation »

La prévention reste la meilleure manière d’intervenir face à ces situations de fragilité.

L’autre volet de la visite à Charleroi était consacré aux lieux de prévention que constituent les « Espaces parents dans la séparation ». Ceux-ci sont au nombre de cinq en Fédération Wallonie-Bruxelles, situés à Charleroi, Verviers, Liège, Neufchâteau et Mons. Il s’agit de structures spécifiquement dédiées aux situations de conflit parental où un véritable travail d’information, de sensibilisation, d’évaluation et d’orientation est effectué avec les parents par l’intermédiaire d’un professionnel, gratuitement, qu’il s’agisse de situations judiciarisées ou non. Ces espaces sont portés par des personnes aux profils variés : assistants sociaux, psychologues, juristes, médiateurs, sociologues, criminologues ou éducateurs.

Or, depuis le nouveau décret relatif aux partenariats des Maisons de Justice, ces espaces ne bénéficiaient plus du soutien financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles et fonctionnaient en effectifs réduits. Une situation à laquelle la Ministre de l’Enfance a souhaité remédier au plus vite.

Alda Greoli : « Les ‘espaces parents dans la séparation’ fournissent un véritable travail d’accompagnement, de soutien et de responsabilisation des parents en difficultés. Lorsque la séparation s’avère particulièrement difficile, les enfants sont en première ligne du conflit parental, bien malgré eux. Ces espaces, maillon important de la chaîne de prévention, contribuent à éviter que ces enfants ne deviennent acteurs de celle-ci, voire des victimes. » 

Suite au conclave budgétaire, lors duquel une enveloppe totale de 3,5 millions a pu être dégagée pour les mesures précitées, il a dès lors été prévu d’affecter 150.000 euros de ce budget au subventionnement des cinq Espaces parents dans la séparation (Liège, Verviers, Mons, Charleroi et Neufchâteau), à concurrence de 30.000 euros par service.

Le service visité à Charleroi reçoit plusieurs centaines de demandes par an. Pour l’année 2013-2014, pour 343 parents ayant fait la démarche de prendre contact avec le service, 212 demandes ont été reçues individuellement tandis qu’une centaine ont été réorientées.